Alors que je n'étais que coureur à pieds et occasionnellement cycliste sur les chemins et routes de Picardie lorsque mon père m'y accompagnait dans ma prime jeunesse, ce n'est qu'à l'adolescence et à la défaveur d'une belle scoliose que mon médecin traitant diagnostiquait. Je passais à la natation...

1981 ; j'étais désormais toujours sous le toit de mes parents, mais fraîchement arrivé sur Breil-Sur-Roya, commune de l'Arrière Pays Mentonnais.
"Petit Parisien" ayant le plus grand mal à trouver sa place dans ce petit village où tout le monde se connait, je ne devais mon salut que dans le sport et même "les sports". Footing, vélo de route et même tennis, randonnée pédestre, kayak, je crois que j'ai tout essayé pour me faire accepter, en vain.
En 1984, je déménageais vers le village ennemi voisin ; Sospel. J'y trouvais immédiatement de nombreux amis tous aussi sportifs les uns que les autres. Mais je devais vraisemblablement trouvé "mon sport", même si c'est la course à pieds qui prédominait. Je continuais un peu le tennis, passait au ping-pong. 1985, j'entrais au lycée de Menton et prenait l'habitude d'aller toutes les semaines à la piscine "Alex Jany" du Careï. mon dos s'est redressé petit à petit. Fini la scoliose.
Cette même année était organisée sur le port de la ville aux citrons la première compétition d'une nouvelle discipline venue des Etats-Unis : le triathlon.
A 16 ans, quand vous entendez parler d'une telle épreuve, que vous courez et nagez régulièrement, que vous pédalez de temps en temps et qu'en plus votre meilleur pote vous lance :

Chiche ?

Dans les jours qui suivent vous vous inscrivez sans réfléchir mais avec la ferme intention d'en découdre.
Une centaine au départ à tester ce pari fou : 500 m de nage en mer, 20 km de vélo qui nous amenaient sur Castillon et 5 bornes de course sur le bord de mer.
Sorti dans le premier tiers du peloton en natation, je continuerais ma remontée en vélo. Ce qui ne m'empêchera pas de me faire déposer par mon meilleur ami Stephane C. dans une partie de l'ascension du Col de Castillon. C'est bien simple, il terminera le parcours cycliste en seconde position, lui qui sera sacré quelques années plus tard, plusieurs fois champion de la petite reine à différents niveaux ; signant même un contrat semi-pro, avant de tout laissé tomber, refusant le dopage.
De mon côté je limite les dégâts.
Sur le parcours de course à pieds, je retrouve mes sensations mais découvre tout de même l'énorme difficulté que représente la transition entre les discipline. Natation, vélo et course sont trois sports antagoniste, physiologiquement parlant.
A mi parcours ; alors que j'approche du demi-tour, j'aperçois Stephane à la ramasse complète accompagné de son père qui s'époumone à l'encourager. Il reste un peu plus de 2 km et j'ai 50 m de retard et aucun soutien.
Trop content de voir que je reviens sur ses talons, je lui lance :

Hey Steph !

Quelle erreur. Il a redoublé d'efforts. J'oublie moi aussi la douleur et allonge de plus belle mes guibolles. Tous les deux au courage nous franchirons la ligne 24 et 25ème avec 10 petits mètres que je n'arriverai jamais à combler.

Cette épreuve a été le fait déclencheur pour moi. C'était décidé, j'étais fait pour le triathlon. Et je m'y suis plongé corps et âme.
Trois entraînements par semaine ; un dans chaque discipline :

  • Lundi ; natation.
  • Mercredi ; course à pieds : je remontais fréquemment de Menton à Sospel par la pénétrante qui n'étais alors pas encore ouverte à la circulation.

Le week-end ; vélo.

Je participais à de nombreuses petites épreuves de la catégorie "promotion", car à moins de 18 ans, impossible de faire plus long.

En 1986, je participais au 1er triathlon de Monaco et terminais 2ème junior. Je passais à la trappe lors de la remise des récompenses (un chèque). Discrètement j'allais voir l'organisateur de l'évènement à la fin de la cérémonie et constatant son erreur, se confondait en excuses. Pour se faire pardonner, il me proposait de rejoindre les couleurs de la Principauté à la charge du nouveau club nouvellement créé. J'y suis resté 2 ans, de 1987 à 1989. J'y ai bénéficié d'un entrainement beaucoup plus structuré que mon entrainement personnel et est également eu le plaisir de faire de nombreux tours de piste du stade Louis II en compagnie du Prince Albert alors en pleine préparation de la descente en bobsleigh des Jeux Olympiques de Calgary.
Je cours désormais avec un body rouge et j'ai plutôt la forme.

triathlonmenton.jpeg

L'aventure du triathlon se terminera sous ses mêmes couleurs l'année suivante sur l'épreuve de Beaulieu.
Les compétiteurs commençaient à se prendre un peu trop au sérieux. La discipline réclamait déjà beaucoup d'abnégation au niveau de l'entrainement, si en plus c'était pour se prendre la tête sur les courses alors, mieux vallait passer à autre chose.

Cette "autre chose", je l'avais déjà touchée du doigt l'année précédente : le VTT...

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