Triathlon inter-armées du 7ème R.H.C. d'Essey-Les-Nancy

C'est au mois de décembre 1990 que j'ai été appelé sous les drapeaux. En raison d'un oubli de recensement auprès des services de gendarmerie à mes 18 ans, j'ai eu le bonheur d'être envoyé à Nancy dans un régiment semi-disciplinaire. Autant dire qu'arrivé au peloton de formation, j'ai vite compris qu'il fallait que je fasse le maximum pour que mes douze mois de service militaire se passent du mieux possible...

Le mieux, c'était d'obtenir un maximum de galons pour avoir une chambre individuelle et éviter le chahut en chambre de 12 chargées de testostérone ; mais surtout me donner les moyens de continuer à pratiquer mon sport de l'époque ; le triathlon avec le luxe de mettre mon vélo à l'abri....dans ma piaule.
Et malgré une fissure du gros orteil lors de mon stage commando à Givet dans les Ardennes, j'ai obtenu mon grade de Maréchal des Logis (sergent) et le droit d'avoir mon intimité sorti de ma journée au service de l'Etat.
Journée qui se terminait vers les 16h30 ou 17h et qui me permettait d'aller nager, pédaler ou courir quand bon me semblait.

Autant dire que mes entraînements de l'année 1990 au sein de l'"AS Monaco Triathlon" ont perdurés sur 1991 bien plus que je ne l'espérais au départ.
Mon niveau était honorable dans le civil, avec le souvenir d'avoir même empoché un petit chèque sur le triathlon de Beausoleil (celui-là même qui me verra abandonner cette discipline l'année 1992) et durant mon service militaire, je peux dire que je n'ai fait que progresser ; les exercices quotidiens dispensés par mes supérieurs venant s'ajouter à la charge de travail que je m'infligeais tous les deux ou trois jours.
Si bien que je peux me vanter d'avoir quelques records de l'époque sur Nancy ; notamment celui du parcours du combattant en tenue de sport (et non de soldat) de la caserne "Molitor" (tient-il toujours ?), et celui du test "Cooper" au 7ème Régiment d'Hélicoptères de Combat d'Essey-Les-Nancy.
C'est bien simple, je n'ai jamais été aussi en forme que cette année 1991. Je terminais toutes les courses à pieds - même civiles (je ne rentrais à la maison qu'un week-end par mois en raison de l'éloignement et de la durée du trajet (24h aller-retour) - dans le peloton de tête. Je survolais les footing quotidiens, écœurant mes copains bidas...

A la fin de l'été 1991 a eu lieu l'annuel "Triathlon Inter-armées de Nancy". Une compétition uniquement réservé aux militaires de la garnison de Nancy. (Je vous certifie que cette ville se partage entre militaires et étudiants et que la cohabitation n'y est pas facile !)
Nous nous sommes retrouvés à une petite centaine de cranes rasés, appelés et militaires de carrière sur les bords de la piscine olympique "Louison Bobet" pour parcourir les 500m de natation. Puis nous nous sommes ensuite élancés sur les petites routes campagnardes de la banlieue Nancéenne pour 20 km de bitume et terminer par 5 km de course à pieds ; l'arrivée étant prévue sur ma propre base : celle de l'aéroport (également civil) d'Essey.

Après un parcours très moyen en natation (un peu la foire d'empognes malgré la grandeur du bassin de 50m) d'où je m'extirpe dans le top 10, j'effectue le parcours cycliste sur les chapeaux de roues pour entamer la dernière épreuve en tête. Mais comme à mon habitude, je paie ma débauche d'efforts sur la course à pieds pour franchir la ligne en 3ème position au scratch.

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Vous aurez remarqué, pas de casque, pas de plaque de cadre, pas de gants ; bref, un règlement militaire ou pour être plus précis : pas de règlement du tout ! En cas d'accident, c'est l'armée qui est responsable, et elle a droit à quelques pourcentages de perte... ;)
Quand à mon matériel, je redécouvre là mon vélo en acier "Colombus", acheté une petite fortune de l'époque en Italie après avoir vendu ma 2CV, et sa roue lenticulaire. En fait une vulgaire flasque qui me protégeait un peu des perturbations aérodynamiques, mais bien trop lourde pour avoir un quelconque intérêt.

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Je ne me leurre pas, le niveau n'était pas bien relevé. Seul une petit dizaine d'entre nous pratiquait le triathlon dans le civil et à peine un peu plus étaient compétiteurs dans l'une des disciplines à l'année ; le reste ne représentant que des athlètes occasionnels et souhaitant occuper leur week-end alors que - comme moi - ils ne pouvaient profiter de leur permission du week-end pour rejoindre leur famille.

Un bien beau souvenir quand même. Surtout à redécouvrir mes guibolles rasées de près et aux formes bien dessinées.
J'étais beau gosse quand même à 20 ans ! ;)

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