Dimanche matin, 7h45. Quand les premières lueurs du jour apparaissent, je ne peux que constater le givre sur le pare-brise de mes voitures. Sans aucun doute possible : il caille ! Après un samedi plutôt chargé, je décide de retourner sous la couette, histoire de réfléchir à la possibilité d'aller rouler au moins en VTT en partant peut-être un peu plus tard. 10h00 me parait plus judicieux. En rentrant pour midi, ça devrait suffire. Je poste donc un rapide message sur les réseaux sociaux au cas où un illuminé voudrait se joindre à moi. Puis je retourne me coucher.

Trois quart d'heure après, je suis debout et si le ciel est d'un bleu limpide, j'attends toujours les premiers rayons de soleil qui réchaufferont l'atmosphère. Je traîne et glandouille à la maison. Je prends même le temps de faire ma partie quotidienne de simulation de golf sur PC avec "World Golf Tour". Après 9 trous, il est 10h15. Pas de réponse sur "Roc4Ride" ; je bondis de ma chaise et m'équipe avant de prendre la direction du Rouret. J'ai une bonne heure devant moi mais pas davantage. L'après-midi s'annonce également chargée, et monter aux antennes est la meilleure solution pour rouler peu et sur de bons petits itinéraires ludiques à souhait.

Alors que ça fait 10 minutes que je roule sur la piste qui mène au Camps Romain, j'entends soudain un bruit sourd qui s'approche derrière moi. Une voiture ici ? Une camionnette de l'ONF ou un tracteur ? Le grondement du moteur s'intensifie et je décide de me rabattre pour lasser passer le véhicule en question.

UN BUS ! De la taille de ces petits autocars scolaires de 25 ou 30 places ; mais bus quand même. A l'intérieur, des passagers qui me regardent à travers la vitre latérale comme un animal au zoo, une bête de foire. Je suis d'abord interloqué, avant d'être carrément offusqué. "Mais que vient faire ce bus de touristes sur une piste forestière qui ne mène nul part ; si ce n'est un petit sommet d'où le panorama sur la Côte vaut le détour ?".

Puis le bus disparait au loin. Je me dis alors que je vais le retrouver plus loin. Tout en haut de la piste, ou sinon je le croiserai de nouveau sur son chemin retour. Je me maudis d'avoir opté pour cette itinéraire. Je n'ai qu'une heure à rouler et c'est pour me faire emmerder par les bruits de moteurs et les gaz d'échappements d'un diesel...

Un peu plus haut, je rencontre deux vététistes autoctones et leur confie mon désarroi. Ils me paraissent d'ailleurs bien indulgents avec la présence d'un bus en plein espace naturel, m'expliquant que se déroule actuellement la "Fête de la truffe" au village du Rouret. Les visiteurs qui souhaitent visiter les lieux de production ; dont un se trouvait dans un lieu plutôt confidentiel jusqu'à ce jour ; se sont vus offrir le luxe d'être amenés sur place en autocar, sans risquer d'user leurs beaux souliers de cuirs vernis ou déchirer leur manteau de cachemire sur une ronce. Ni même transpirer la moindre goutte sous leurs aisselles aux effluves de parfum de luxe. Dire que la plupart sont incapables de faire la différence entre une truffe noire du Périgord et une blanche d'Alba. S'il veulent voir des truffes, qu'ils se regardent un peu plus dans un miroir !

Sinon ; y'a la marche à pieds. 

Mes acolytes et moi grimpons ensemble les quelques hectomètres qui nous sépare du cul-de-sac sans trop bavarder. Sans doute notre désaccord a t'il eu raison de nos bavardages. Lorsque nous arrivons au sommet, le bus est là devant moi. Il est garé, les touristes débarqués et tous penchés sur une truffe que le guide a dû venir enterrer quelques heures plus tôt dans un endroit bien facile à retrouver. Le moteur diesel tourne toujours, emplissant l'environnement des arômes les plus agréables et les plus sains.

Je fulmine. Je m'arrête et j'immortalise la scène.

 

 

Après avoir rangé mon smartphone, je passerai devant l'autocar sans même un "bonjour" aux personnes plantées au milieu de la piste. C'est limite si un coup de cintre au passage ne m'aurait pas apaisé. Ma sortie était désormais foutue. Je me séparais des deux vététistes conciliants et continuais mon chemin d'homme entier et sans concessions. Je n'accepterai jamais ces passe-droits qui autorise un véhicule non-autorisé à entrer dans une zone en principe protégée par des barrières qui en interdisent l'accès, exceptés aux services d'urgences et à ceux des eaux et forêts. Autre exception de ce site, les opérateurs de téléphonie mobile, puisque les antennes servent également de relais.

 

 

Bizarrement, il faut croire qu'avoir les nerfs pourrait bien m'aider à améliorer mes performances sur Strava ;)

 

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