Comme beaucoup d'entre vous, j'ai la chance d'être Papa. En ce qui me concerne, ce sont trois garçons qui animent mes journées et heureusement plus mes nuits. Comme tous les parents sportifs (et oui je dis "parents" parce que ces dames sont aussi concernées que nous et je ne voudrais pas qu'on m'associe à toute idée misogyne), et en l'occurrence "cycliste" ; j'aurais aussi apprécié qu'ils aiment la bicyclette. Hélas pour moi, les trois pratiquent le football avec assiduité. Mais cela ne m'empêche pas de les emmener au moins une fois par mois faire un petit tour de VTT, histoire de nous dépenser ensemble et entre hommes.

 

Hier était un de ces moments privilégiés où j'invitais mes deux plus grands, aujourd'hui adolescents, pour une randonnées à VTT. Le plus petit se sentant fatigué, s'abstenait et restait dans les jupes de sa mère.

J'aurais pu les emmener du côté des antennes du Camps Romain du Rouret, mais la présence de pièges posés par quelque indélicat pour nous en empêcher à réussi à nous en dissuader. La sécurité de mes petits, c'est sacré ! C'est bien pour cela aussi que nous ne sortons jamais en vélo sans le casque et les gants. Je vérifie même à chaque fois le bon état de fonctionnement de leur bicyclette avant de partir.

 

 

Comme toutes les sorties, je me suis attelé hier à les regarder s'amuser en donnant quelques conseils techniques, sans trop rabâcher. J'avoue qu'ils m'écoutent plutôt attentivement. Ils savent que ce sport est tout de même "à risque" si on n'applique pas les bons réflexes dans certaines situations. Le plus grand me semble plutôt doué d'ailleurs pour cette discipline. Il a rapidement acquis les techniques et s'il lui reste encore quelques lacunes, elles sont en partie dues à son VTT. En fait celui de sa mère, qui date des années 90 et qui aujourd'hui est trop petit. Et oui, à 14 ans il dépasse de quelques centimètres sa Maman, qui n'est pas si petite que cela puisque ancienne volleyeuse de haut niveau. Son cadet (de 18 mois) a lui un vélo tout neuf et à sa taille, mais le tout-terrain reste encore pour lui une pratique à approfondir, tant au niveau de la technique, qu'à celui du fonctionnement de son matériel. Il est aussi davantage crispé et n'affiche pas autant de fluidité que son aîné. Mais le plus important reste l'amusement et la joie de rouler entre père et fils.

 

 

J'aurais pu vous faire un compte-rendu comme tous les précédents avec mes enfants, mais celui-ci est un peu plus pertinent car je vais vous parler de ce que tous les parents redoutent au fin-fond de leur chair, tout en l'attendant avec délice : voir le niveau de ses enfants passer outre le sien. Et la sortie d'hier m'y a vite refait penser.

Après deux heures de vélo et un dénivelé positif habituel (environ 400m de D+), je posais la question de savoir si on poursuivait encore un peu l'exercice ou si on rentrait. Les deux ados me lançaient en coeur :

On rentre !

J'en déduisais qu'ils étaient quelque peu émoussés après une petite semaine chez leurs grand-parents à s'époumoner derrière un ballon rond ou rester des heures dans la piscine. Mais sevrés de jeux vidéos, il était pour eux, temps de prendre le chemin du domicile. Le cadet commençant même à avoir quelques crampes dans la dernière montée, je culpabilisais d'en avoir peut-être trop fait. Avant d'arriver au sprint final.

Nous habitons dans une impasse avec peu de résidents. C'est une petite rue privée et goudronnée d'environ 250m, en montée, mais très irrégulière. Nous y avons pris l'habitude de disputer le dernier sprint comme tous les gosses aiment à le faire en imitant les professionnels lors des arrivées des étapes sur le plat. Depuis toujours, je les laisse partir devant et je fais en sorte de laisser gagner celui qui en a le plus bavé pendant la sortie qui a précédé en mettant l'autre dans la confidence. Je mets aussi un point d'honneur à terminer second et toujours dans la roue du vainqueur afin que l'autre essaie de s'accrocher au wagon. Cette technique a fonctionné assez longtemps parce qu'ils sont frères et s'estiment en tant que tel. Mais depuis deux ans, la testostérone a fait sont apparition et ; sportivement parlant ; ils se respectent un peu moins. J'ai donc plus de mal à récompenser non pas toujours le plus fort, mais surtout le plus méritant.

Hier, rien de tout cela. Au départ de l'impasse, les deux frangins se sont regardés alors que j'étais déjà derrière à choisir mon poulain pour la victoire et j'ai vite compris à leur air complice qu'ils voulaient plutôt s'associer afin que je ne termine pas second mais troisième de ce sprint.

Quand ils ont commencé à appuyer sur les pédales et à se mettre en danseuse, ils n'ont pas oublié de prendre toute la largeur de la route pour me bloquer le passage. Je les vois encore fomenter un plan machiavélique devant moi, le sourire aux lèvres. J'ai donc pris la mesure de la situation et suis vite passé sur mon 11 dents puisque je n'en ai que 26 devant ! Et j'ai suivi le duo d'insolents. J'avoue, la chance m'a souri le premier. L'aîné coupant rapidement son effort après s'être aperçu que son pneu arrière avait perdu la moitié de sa pression : crevaison lente. Mais déjà je le dépassais et prenais la roue de son frère cadet à 5 ou 6 m plus en avant. Ce dernier profitait du premier replat pour garder l'écart en moulinant bien moins vite que moi, mais je le rejoignais dans la dernière pente.

Arrivé à sa hauteur, je lui jetais un rapide coup d'oeil et constatais qu'il n'en avait plus dans la besace. Sans son frère pour me barrer la route, il ne pouvait que constater qu'il allait vraisemblablement être battu.

Est-ce qu'un bon père aurait salué son esprit de compétiteur ? Est-ce qu'un mauvais père lui aurait fait payer leur tentative de rébellion ? Dans l'ambiance joviale qui était présente à ce moment là, j'ai opté pour le second choix. Et comme je ne fais jamais les choses à moitié, j'ai posé mon vélo derrière la ligne d'arrivée virtuelle et ai levé les bras au ciel jusqu'à l'arrivée de l'aîné.

C'est tout sourire que nous passions notre portail et qu'ils allaient raconter leurs exploits du jour à leur Maman. Et je concluais la discussion en les prévenant que s'ils commencent à avoir des velléités de victoire contre moi, elles ne tarderont pas à venir d'ici un ou deux ans ; mais qu'ils allaient devoir s'accrocher parce que je ne m'avouerai pas vaincu si facilement. Il va falloir venir le chercher le paternel !

Non mais ! Effrontés qu'ils sont !

 

 

 

Pour l'information complémentaire et néanmoins pertinente que je me dois d'apporter ici, j'ai apprécié cette petite sortie de récupération après ma partie de golf de vendredi. Il y a de cela quelques années, je n'imaginais pas avoir un jour à écrire ces mots, mais c'est un fait ; le golf est tout aussi épuisant que le vélo. N'en déplaise à ceux qui ne le pratiquent pas et se permettent ; comme moi auparavant ; de le décrier.

 

 

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