Rarissimes sont mes sorties l'après-midi. Le fait est que ; debout aux aurores depuis bientôt 30 ans, il n'y a que les matins où je suis en pleine possession de mes moyens physiques. Passée l'heure du déjeuner, je commence à perdre de l'énergie et si je ne m'octroie pas une petite sieste réparatrice en début d'après-midi, je me vois contraint en soirée de prendre la direction de mon lit relativement tôt par rapport à ceux qui préfèrent s'installer devant leur TV, dans leur canapé bien confortable, et y découvrir les gilets jaunes affronter les foulard rouges ou les chaussettes vertes...

 

Mais hier, frustré de ne pas avoir pu rouler vendredi comme je l'avais prévu sur un vélodrome plongé dans l'obscurité ; je me suis décidé à rouler quand même après 30 minutes de repos des paupières.

Et oui, les gardiens de l'anneau de Cannes-la-Bocca doivent considérer qu'en cas de pluie le vendredi soir, aucun cycliste ne sera tenté de rouler. Erreur, il y en avait au moins un ! Un doux dingue peut-être, mais qui préférait certainement transpirer sous son vêtement de pluie plutôt que se geler les noisettes à regarder son fils taper dans un ballon rond.

Vous l'aurez compris, c'est donc motivé que j'enfourchais mon Scott CR1 pour une sortie sur de la vraie route avec de vraies voitures (mais pas tant que le dimanche matin), et aussi de vraies difficultés pour pédaler dès que la pente s'accentue. Y'a pas à tortiller du jarret, je suis dans une forme éblouissante (ironie) !

Pas de but précis ni d'itinéraire en tête, je me suis laissé porter par mon inspiration. Seule la tombée de la nuit présentait une limite à mes déambulations. Il me fallait surtout éviter les Marchés de Noël ...et les gilets jaunes ! Je contournais alors Le Rouret, pour rejoindre Valbonne, puis Mougins et Vallauris, pour plonger vers le bord de mer à Golf-Juan.

J'étais vraiment surpris du peu de trafic. Les automobilistes étaient-ils comme moi ; effrayés par la possible présence des manifestants ? Je pouvais en tout cas relâcher quelque peu mon attention vis à vis de la circulation quasi nulle, pour me plonger dans les réflexions que seul un cycliste solitaire peut connaître :

"Et si je tombe sur un barrage de gilets jaunes ; vont-ils m'arrêter ? Me questionner ? ...Veulent-ils vraiment que je leurs dise le fond de ma pensée ? Et si je leur dis que je me fout complètement de leur mouvement ; que je suis persuadé qu'ils ne visent pas la bonne cible ; qu'ils font juste parler d'eux en éclaboussant au passage l'image de notre pays sans réellement obliger nos élites à se plier à leurs nombreuses revendications. ...Si j'étais à leur place, estimant que l'on paye trop de taxes, je réglerais mes impôts à la Caisse des Dépôts et Consignations ! ...Le gouvernement n'aura plus qu'à aller chercher l'argent où il se trouve : dans les grandes multinationales dont le siège social est planté au beau milieu d'un paradis fiscal. ...Et que nos PME et nos artisans soient eux aussi laissés libres de toute entreprise et investissement ; c'est là qu'est la richesse de notre pays ! ...Moi, je ne suis que spectateur d'un mécontentement issu des réseaux sociaux que je délaisse d'ailleurs de plus en plus pour me consacrer uniquement au seul basé sur le sport. ...Je vois un soulèvement qui couve, des tensions exacerbées par l'apparition de casseurs qui n'ont rien à voir avec l'esprit de contestation. ...Déjà certains réfutent le mouvement des gilets jaunes en arborant un foulard rouge. ...Et demain ? La ruée sur les stations services ? Dans les hypermarchés pour faire des réserves ? Le couvre-feu ? ...Chacun chez soi en craignant tout de son voisin ?

Voilà que se présentait devant moi les premières courbes du Cap d'Antibes. Majestueux au niveau de la Plage des Ondes, d'ailleurs accompagnée d'un sublime début de couché de soleil que j'en oubliais mes idées noires. Je me suis arrêté.

 

 

J'y serais resté de longues minutes si l'alarme à la nuit qui tombe vers 17h30 ne s'était pas réveillée au plus profond de moi. J'ai franchi la bascule un peu plus loin que l'"Eden Roc" pour découvrir un nouveau panorama à tomber par terre : les Alpes Italiennes baignées de soleil alors que la côte plongeait déjà vers l'obscurité.

 

 

Oubliés les gilets jaunes, les foulards rouges, les idées noires ! Il ne suffit que d'un peu d'activité sportive pour que le monde  ne se mue qu'en un simple mais pacifique arc-en-ciel. #Peace.

 

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