Comme toute personne sur Terre dotée d'un écran de télévision, d'une radio ou d'un appareil connecté à l'Internet ; vous n'êtes pas sans ignorer que nous sommes en pleine Coupe de Monde de Football. Vous l'avez sans doute deviné, je ne pratique pas ce sport et ne l'ai jamais pratiqué en club. Comme tous les gamins, j'ai joué au foot dans la rue, et comme tous les élèves, il était difficile d'y échapper quand le prof de sport voulait que les garçons lui "footent" un peu la paix...

Bref, je n'ai pas du tout "l'esprit foot", même si j'aime regarder un beau match de temps en temps. Et puis j'ai trois fils qui sont licenciés à la FFF, sous les couleurs de notre équipe locale : "l'Association Sportive Roquefortaise Football Club" pour deux d'entre eux. Donc pas facile d'être complètement détaché de ce sport.

Cette année, je dois dire que je m'en suis même rapproché encore un peu plus. Je suis rentré dans le Conseil d'Administration de l'ASR, invité par les dirigeants à la tête du club depuis peu et qui semblent vouloir redonner un nouveau coup de jeune à ce club. Bref, une équipe dynamique qui m'a plutôt séduit à les côtoyer régulièrement et à qui je n'ai pu refuser de donner un coup de main. J'ai réalisé le nouveau site web de l'association, mais je m'occupe principalement de la communication numérique et de la recherche de partenaires (l'appel est lancé !). .

Dans cette sympathique équipe à la tête de l'"AS Roquefort", nombreux sont ceux (joueurs ou non) qui pratiquent le cyclisme à divers niveaux ; mais s'emploient néanmoins à organiser des sorties en commun, entre footeux. Excellente idée au demeurant puisqu'ils m'ont également invité à rejoindre leur groupe cyclos. Voilà pourquoi hier à 18h00, j'avais rendez-vous avec deux d'entre eux.

David, puis Benoit avaient répondu présent à mon message instantané et étaient les seuls à pouvoir me rejoindre au parking du "Petit Eloi". Le premier arrivait au rendez-vous avec quelques insignifiantes minutes de retard puisque obligé de passer au domicile du premier qui semblait avoir quelques soucis de dernière minute.

C'est tout de même la troisième fois que je contacte Benoit sans que nous n'ayons jamais pu rouler ensemble. Chaque fois, le coach de l'équipe première trouvait une excuse pour me laisser seul. Hier, c'est à peine si j'ai été surpris d'entendre David me dire en arrivant :

Benoit ne trouve pas ses chaussures de vélo !

Dites les gars ; rassurez-moi, vous faites comme moi avec vos chaussures de vélo quand vous les enlevez ? Vous les posez pas trop loin de votre vélo dans le garage, ou pas très loin de vos tenues de cycliste dans votre armoire. Au pire avec toutes vos autres chaussures ; non ?

Alors forcément, mon esprit moqueur s'est emballé. J'ai tout de suite imaginé que Benoit tentait de transférer l'"Esprit Foot" dans le milieu du cyclisme. Dans le cas présent, je mettais en parallèle la perte des chaussures de vélo avec la plus grossière des simulations après une faute sur le rectangle vert. Et je me suis marré.

Plus sérieusement, je connais maintenant assez bien Benoit pour savoir que c'est un mec bien. Bien dissipé aussi !

;) 

 

 

Nous ne sommes donc partis qu'à deux au lieu de trois, mais c'était aussi l'occasion de connaître aussi un peu plus David. Notre trésorier à l'ASR est tout le contraire de l'exubérant Benoit. Plus réservé, plus sage, mais néanmoins fort sympathique également.

Partir pour la première fois, faire du vélo avec un pote dont vous ignorez complètement le niveau n'est pas chose aisée. De mon côté je suis loin de mon état de grâce, toujours embêté par mes problèmes de genou que je gère au mieux, et surtout par cette tendinopathie fissuraire du coude qui m'empêche de tenir correctement mon cintre et de tirer dessus quand les pentes s'accentuent. Je me débrouille comme je peux et m'estime heureux de pouvoir pédaler.

David est plus jeune que moi. Je ne lui ai pas demandé son âge, mais il doit bien me rendre au moins 15 ans... et 25 Kg ! Si bien que j'ai entamé la montée de Vallon Rouge, certes devant, mais sur un tempo relativement moyen, histoire de pouvoir prendre la roue quand David se déciderait à prendre quelques relais. Ce qu'il a fait. Je pouvais tenir sa roue assez facilement. Plus les kilomètres défilaient, et plus j'entendais le cliquetis des changement de braquet derrière moi. C'est signe que le mec dans votre dos cherche un second souffle.

Après les deux petits coups de cul avant le centre de canyoning, je doublais un cycliste et jetais un coup d'oeil pour voir si David était toujours là. Plus personne. Je coupais mon effort. Il rattrapait à son tour le cycliste et revenait dans ma roue. Je l'invitais à prendre celle-ci alors que je relançais un peu moins fort. Il s'accrochait, mais l'acide lactique avait déjà entamé ses fibres musculaires et il craquait une seconde fois à quelques hectomètres de Pont-Du-Loup où nous faisions une première pause bien méritée.

Je me suis alors souvenu des premières sorties du temps où je roulais avec beaucoup plus fort que moi et de ma peur de ne pouvoir suivre assez longtemps pour ne pas retarder les meilleurs. C'est un sentiment que je n'aime pas du tout et je ne voulais pas que David se mette cette même idée en tête. En reprenant la route, je lui proposais de découvrir l'itinéraire de l'ancienne voie ferrée qui mène à Bar-Sur-Loup. Tranquilles peinards, nous avons pu discuter davantage sur cette portion et ça m'a fait aussi beaucoup de bien.

Au sortir de Bar, un autre cycliste passait juste en dessous de nous. Et j'ai un tord : quand je vois un mec pédaler devant moi je suis tenté de le rejoindre et quand c'est encore possible de le déboiter. Je suis comme un chien fou qui court derrière son os. Mais j'ai vite compris que David ne souhaitait pas remettre le couvert, et c'est tout à son honneur de m'en avoir fait part. J'ai donc bloqué mon compteur sur 19 km/h et suis monté au train et sans aucun à-coups. David est resté bien à l'abri et a tenu bon, ne lâchant que quelques mètres dans la dernière ligne droite.

J'adore cet état d'esprit. Quelque soit son niveau, il faut savoir rester humble mais néanmoins savoir aussi se faire un peu mal. C'est ainsi que l'on progresse ; quand c'est le but recherché.

De retour dans notre cité, nous faisions l'inéluctable "Pause Binouze", et je donnais quelques derniers conseils à mon compagnon de route qui pratique le cyclisme depuis quelques mois seulement. Nous ne manquions pas non plus de regarder nos messageries afin de savoir si notre hurluberlu de Benoit avait remis la main sur ces chaussures ; ne manquant pas de nous moquer encore un peu à son sujet.

Hey Benoit ! Si tu me lis, les soldes ont commencé

 

 

 

Allez les "footeux", amusez-vous bien ce week-end au "Club Med" pour fêter la montée en division supérieure de notre équipe fanion, et on se retrouve vite-vite sur le bitume pour de belles balades en discutant de la déroute de l'équipe Allemande sur cette Coupe du Monde.

Finalement je dois aussi l'avoir un peu cet "Esprit Foot"...

 

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

URL de rétrolien : http://www.acturoc.fr/2029ouplus/index.php?trackback/949