J'étais parti pour une séance "flash-éclair" de vitesse sur piste sur une toute petite heure. Avec l'objectif de "me faire mal", mais pas longtemps. De toute façon "longtemps" je ne peux plus. Matos et équipement d'hiver chargés dans le coffre, fiston footballeur embarqué et son coéquipier récupéré en route ; nous voilà sur le chemin du vélodrome de Cannes-La-Bocca. À Mougins, quelques gouttes sur la pare-brise. Sur l'anneau ; une pluie soutenue...

 

Et pas de sur-chaussures ni de vêtement de pluie. Pas de casquette, mais un mince bonnet sous-casque acrylique. Pas de change pour le retour non plus. Mais il y a quelques courageux qui tournent déjà dans le manège et je reste motivé malgré les éléments en défaveur d'une séance de plaisir sur le vélo.

Dès les premiers tours de vélodrome, je sens mon cuissard long se tremper sur le devant des cuisses et le froid pénètre rapidement mes doigts non protégés dans mes gants courts. Mes lunettes cherchent des essuie-glaces, je n'arrive même pas à déchiffrer mon GPS, juste sous mes yeux. Je dois accélérer mon échauffement par rapport à d'habitude pour me réchauffer.

Le bitume est détrempé et je prends garde de ne pas m'éterniser sur les bandes fines de peinture qui délimitent les zones de vitesse. Une roue avant qui se dérobe et c'est la chute ! Mais je constate rapidement que les autres coureurs sont aussi prudents que moi, ça roule plutôt tranquille et surtout seul. Sauf que moi je veux rouler vite.

Alors j'accélère le rythme. Je ne dois pas être loin des 30-32 km/h et je rejoins un cycliste qui lui, doit tourner à 28-29. Afin d'être sûr de tenir au moins 45 minutes sans débander faiblir à cette vitesse, je reste dans sa roue pour récupérer de mon accélération précédente. Après un demi-tour, je me décale pour échapper à la douche projetée par sa roue arrière. C'est intenable, je n'y vois strictement plus rien !

Je suis désormais trempé de la taille jusqu'aux orteils ; seul le buste est protégé par un simple coupe-vent de mi-saison. Mes bras sont congelés et mes doigts s'agrippent au guidon comme ils peuvent. Mais je n'ai plus froid. J'alterne donc les suçages de roue de quelques secondes, les écarts pour m'en dégager et je prends finalement la sage décision de partir devant en remontant à 30-32 km/h et de m'achever ainsi.

Ce sera fait 3 ou 4 tours plus tard, après avoir dépassé tous les cyclistes présents dont aucun n'aura souhaité ; comme je l'ai tenté auparavant ; prendre ma roue et/ou me relayer. C'est tout bonnement impossible et risqué. Je me gare ensuite à l'extérieur de l'anneau pour mouliner sur deux ou trois derniers tours et m'en retourne à ma voiture. L'objectif de "me faire mal" est manqué. Je n'ai parcouru que 15 kilomètres.

J'enlève mon maillot "seconde-peau" mouillé ...de transpiration ! Remets mon maillot humide et enfile une parka que j'ai toujours dans le coffre de ma voiture. Je quitte mes chaussures à cales pour mes baskets en prenant soin d'ôter mes chaussettes que j'essore avant de les jeter dans mon coffre.

Il me reste 2 heures à regarder mon fils jouer un match de foot. Avec une peau remplie d'eau collée au cul qui dégouline le long de mes jambes, et des attributs qui doivent être bien réduits coincées dans cet enfer !

Moi qui voulais me faire mâle.

 

 

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