Premiers pelotons sur l'anneau

Inexorablement l'automne avance et laissera d'ici quelques semaines sa place à l'hiver. Chaque jour qui passe voit les étoiles grignoter sur le soleil ; et avec, son lot de cyclistes qui délaissent la route pour se réfugier sur le vélodrome illuminé de Cannes-La-Bocca, à l'abri du trafic...

Les projecteurs du Stade Maurice-Chevalier s'allument même vers 18h00 actuellement. Le temps de chauffer un peu avant de donner toute leur puissance et multiplier les ombres par autant de lumières halogènes.

Hier en fin d'après-midi, il n'y avait qu'un triathlète en plein effort alors que deux autres cyclistes semblaient eux aussi commencer à s'échauffer quand mes roues se sont posées sur le bitume propre et incliné.

Après une dizaine de tours de chauffe, je m'élançais dans la course contre moi-même avec un vent tourbillonnant par très facile à gérer. J'étais vite rejoint par les deux cyclistes arrivés peu de temps avant moi mais plus long à l'échauffement visiblement. L'un deux ne pouvant suivre la cadence lâchait vite prise et nous nous retrouvions à deux pour partir à la chasse au triathlète.

Après une petite dizaine de tours la jonction était faite et je pensais que l'homme aux coudes joints allait poursuivre l'effort avec nous. Mais c'était sans compter sur mon acolyte ; bien plus puissant que moi ; qui continuait son effort. Rapidement je constatais sa supériorité et même si je prenais mes relais, je pense qu'à l'abri derrière moi il devait s'ennuyer ferme.

Dix tours plus tard, je "mettais le clignotant" afin de récupérer de mon asphyxie et de l'acide lactique concentrée dans mes mollets. Trois tours en roue-libre plus tard, je me décidais à prendre la roue du triathlète qui me semblait déjà un peu émoussé. Peut-être était-il là depuis longtemps puisque déjà présent à mon arrivée.

Quoiqu'il en soit il m'a été beaucoup plus facile de prendre sa roue et de ne pas la lâcher. Pour la seconde fois, le puissant rouleur revenait sur nous, mais ne partait pas devant et décidait de rouler avec nous ; bientôt rejoint par son acolyte d'échauffement qui lui ne prenait lui aucun relais.

C'est donc à 3 (et demi) que nous tournions sur une bonne dizaine de tours à une vitesse moins importante que les 10 premiers tours avec le colosse lorsque nous avions repris le triathlète. Ce même colosse crevait d'ailleurs de sa roue avant quelques tours plus tard. Je continuais cependant à assurer mes relais avec le triathlète alors que le quatrième larron n'était plus là depuis je ne sais combien de tours. De toute façon il a toujours été derrière, et mieux vaut regarder devant sur un vélodrome !

Puis un nouveau triathlète est arrivé et s'est mis à discuter avec le premier encore dans ma roue. Deux tours durant lesquels pour ma part j'étais à bloc, alors que les deux compères jacassaient dans mon dos. Dur pour le moral, d'autant que je ne sais pas depuis combien de temps roulait le premier.

J'ai mis mon clignotant après deux tours. J'étais cuit et n'avais plus le moral pour prendre la roue. Pourtant, alors que je moulinais pour revenir à un rythme cardiaque normal et éliminer l'acide lactique, il me semble bien que les deux zozos avaient eux aussi levé le pied. D'ailleurs je crois même qu'ils ont abandonné l'anneau avant moi.

 

 

 

Voyez ; il s'en passe des tas de choses sur un vulgaire vélodrome !

 

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