Si ma mémoire est bonne, cela faisait 8 ans que je n'avais pas quémandé un certificat médical de non contre-indication à la pratique du cyclisme/VTT en compétition. Autant vous dire que cette inscription au Roc d'Azur 2017, je ne l'ai pas trop vu venir. Je crois même me souvenir que c'est encore lors de l'un de ces apéritifs dînatoires sans fins (ai-je écrit "gastro-liquides" ?) que mon ami Olivier, présent ce soir là, a accepté de m'accompagner pour un bout de chemin de 42 kilomètres ; ensemble sur un tandem VTT...

 

 

Le tandem à VTT n'est pas nouveau. j'ai vu le tout premier engin de ce type au début des années 90 alors que j'étais encore membre du feu club "VTT Sospel-Mercantour". Rémy, le seul et unique fournisseur officiel de vélo-tout-terrains ayant pignon [Maî scappi, là ?] sur rue venait d'en faire monter un dela côte en provenance de son ami Georges Edwards afin que notre nouveau fer-de-lance Sospellois ; un certain Jean-Pierre Bruni ; teste ce nouveau jouet sur les hauteurs de notre beau village. Je me revois encore devant la vitrine du magasin avec quelques amis et notre champion en devenir, admiratifs devant un vélo aussi long, à nous demander comment un tel appareil pouvait franchir ce que nous franchissions alors difficilement sans la moindre suspension. Quand Jean-Pierre & Rémy ont fait le tour de l'assistance pour savoir qui voulait monter derrière le futur et multiple Champion du Monde de descente, tout le monde a regardé en sifflant s'il ne restait pas un peu de boue sous les cales de ses chaussures. Il n'y eu guère que l'enduriste Fabre (qu'il me pardonne, je n'ai plus souvenir de son prénom) pour accompagner Jean-Pierre comme il le faisait déjà depuis des années, en moto.

 

 

Depuis, l'envie d'essayer le tandem en VTT me démangeait. Seule l'occasion qui créerait le larron manquait. Elle est arrivée l'année dernière lorsque mon amie et désormais voisine Sandra, s'est procurée l'Arlésienne. Je ne passais cette fois pas mon tour et testait les joies du tandem à VTT. Puis je lui empruntais carrément pour emmener mes enfants. Une excellente façon de leur faire goûter les plaisirs de la "petite reine" (pour ne pas dire "à autres choses que le football") sans être éparpillés dans la nature.

Quand Olivier est venu à la maison pour vérifier que mon Mojito était toujours aussi bon et que je lui ai montré le tandem dans le garage ; le rendez-vous pour une première escapade tous les deux était fixé. Deux mois après ; c'est à dire samedi dernier ; nous étions sur la ligne de départ de "Roc Tandems 2017" !

 

 

Fins prêts ; avec de multiples objectifs. Il en faut pour prendre le départ d'une course qui sur le papier n'a rien pour plaire en ce qui me concerne : trop de monde, parcours trop roulant, salon à l'image de notre société : mercantile, trop de bruit...

Mais une fois de temps en temps, histoire de me dire que je ne suis pas encore un vieux con.

 

 

Allumage de la caméra embarquée sur mon casque (et oubli de celui du mon GPS dans ma poche) ; outillage et ravitaillement dans le sac à dos ; poignée de mains avec Olivier ; et le temps de se souhaiter une bonne épreuve, le compte-à-rebours avait sonné.

Nous voilà partis sur un tempo un peu trop lent par rapport à l'ensemble du peloton. Il faut dire que sachant que nous allions rester une petite demi-heure au moins à attendre sur la ligne de départ, nous ne nous sommes pas échauffés. Les 5 Km de plat au début de la course seront bien suffisants pour ça. Et comme nous étions placés en fin de grille, nous amorçons la sortie de la "Base Nature de Fréjus" dans les dernières positions ou presque. Il y a bien déjà quelques chaînes cassées, voire même des collision entre tandems que l'ont aperçois entremêlés dans les barrières de sécurité. C'est pourtant très large !

Il nous semble, dès la première montée en sentier quasi-monotrace, que le classement est fait. Nous doublerons désormais autant de concurrents que d'autres nous dépasserons. Pour dire vrai, nous ne doublerons quasiment que ceux qui ont un pépin mécanique ou physique et il y en a pas mal. J'entends encore un concurrent me déclarer sur la ligne de départ :

"Un Roc d'Azur en tandem sans problème mécanique, ce n'est pas un Roc d'Azur !"

Il faut dire que ces engins subissent d'énormes contraintes mécaniques et musculaires, en plus de leur poids conséquent sur deux roues uniquement. Bris de chaîne en cascade, crevaison et casse de cadre ne sont pas si rares. Aussi, de notre côté nous souhaitions assurer la cachou.

  • Hors de question d'abîmer le vélo qui ne nous appartient pas ;
  • Hors de question de nous abîmer nous sur le tandem, et c'est moi qui pilote !

Ceci étant, il fallait tout de même nous fixer quelques objectifs pour nous motiver :

  • Se faire plaisir surtout ;
  • Finir ;
  • Passer sous la barre des 4 heures de course ;
  • Terminer dans les deux premiers tiers au classement général.

Quand l'ascension vers le sommet du Fournel se terminait, nous commencions déjà à avoir quelques doute sur notre chrono. Nous constations en effet que la plupart des autres tandems avaient un développement beaucoup plus souple. Nous tirions bien "plus gros" et il était évident que nous lâchions pas mal de watt vis-à-vis de la concurrence. mais il faudrait faire avec.

Déjà la première petite descente s'annonçait : roulante et juste le nécessaire pour se préparer à la suivante bien plus mythique. Je rallumais donc ma caméra pour vite m'apercevoir qu'avec les chocs, mon casque me tombait sur les lunettes, elles-mêmes appuyées sur mon nez.Au premier replat avant le toboggan du Fournel, je passais la caméra à Olivier, équipé du harnais ventral. Puis nous repartions à l'assaut de la foule en délire sur les bas-côtés.

J'avais le souvenir des éditions antérieures : une pente raisonnable, un chemin large aux multiples trajectoires, et surtout une ornière à éviter absolument. Je ne sais pas si c'est le fait d'y arriver en tandem, mais j'ai trouvé la pente bien plus raide, j'ai découvert plus d'une ornière et surtout, je me suis fait piéger par une grosse marche sur laquelle nous arrivions sans assez de vitesse. De toute façon l'aurions-nous sauté ? Non. J'ai stoppé net au sommet de l'obstacle et nous avons attendu le passage d'une demi-dizaine de concurrents avant de faire une bonne trentaine de mètres à pieds et remonter sur notre monture. Pas facile de relancer un tandem dans un petit espace qui plus est technique. Il faut un minimum de 5 ou 10 mètres pour relancer l'inertie de l'engin et clipser 2 paires de pédales automatiques ! Pour le reste de la descente, je peux dire que j'ai assuré. Bonne vitesse sans prise de risque et surtout bonne lecture des trajectoires.

Allez savoir pourquoi, nous n'avons ensuite plus pensé à cette caméra. Nous pouvons donc dès à présent vous montrer le petit film sans fioritures de ce début de course.

Une petite surprise nous attendait cependant tout en bas de la descente du Fournel : Une bulle d'air dans notre circuit hydraulique venait nous priver de frein arrière. L'avant étant déjà réglé de façon à ne pas bloquer et éviter tout blocage intempestif sur un obstacle, ne nous restait donc plus beaucoup de quoi nous arrêter en cas d'urgence. Et les urgences en course, elles sont pléthores. Nous ferons donc avec, en assurant une vitesse relativement sécurisante dès que la pente est négative.

Traversé la route d'accès à Saint-Aygulf par le Col du Bougnon, nous prenons un bon rythme de croisière en montée, même si nous forçons toujours bien plus que les autres. C'est dans ce secteur que nous doublerons aussi quelques rares binômes. C'est aussi dans cette seconde partie que des crampes d'estomac viendront ralentir mon rythme et donc celui d'Olivier. Je lui demande de ne pas trop compenser ma baisse de régime car je sens mes pédales s'enfoncer toutes seules et j'ai peur qu'en donnant trop de sa personne il cale à son tour. Surtout si de mon côté mes crampes s'aggravent et que je ne me refais pas une petite santé d'ici quelques kilomètres.

Nous arrivons au second ravitaillement. Ce sera le seul pour nous car nous avons déjà dépassé le premier et ferons de même avec le dernier. Nous avons les poches à eau et de quoi manger en cas de fringale. Mais ce n'est pas mon cas. Je pense juste payer mon départ à froid. Nous nous arrêtons quasiment 10 minutes pour souffler et reprenons notre route.

La descente qui s'annonce est piégeuse et je peux enfin me rendre un peu plus compte de la difficulté de franchir des obstacles avec un biplace qu'avec un simple VTT, d'autant que notre tandem ne freine plus sur une courte distance. Je ne parviens même plus à le stopper quand la pente s'accentue, je suis donc obligé de freiner non-stop pour ne pas prendre trop de vitesse et me laisser surprendre au détour d'un virage ou d'une difficulté apparue soudainement.

Les premiers VAE (Vélo à Assistance Electrique) nous dépassent alors que nous arrivons au pied du Col du Bougnon. Nous le franchissons aisément. Il faut dire que nous le redoutions tant que nous en avions gardé sous la pédale, même avec des crampes d'estomac. Nous basculons côté mer et le parcours devient encore un peu plus casse-pattes. Successions de petites montées et descentes avec des portions où il nous faut descendre du vélo car trop de racines ou de cailloux à franchir. Pour information, il est impossible de lever une roue avant pour faciliter le franchissement de l'obstacle au tandem. Si une pierre, une petite marche se présente à vous, vous la prenez de plein fouet dans le guidon et vous perdez le peu d'inertie que l'engin vous propose. Pour ma part je pensais pouvoir récupérer dans cette portion du parcours. Effectivement mes crampes d'estomac se sont un peu atténuées, mais pour laisser place aux crampes musculaires. D'abord ma jambe gauche bien plus faible. La droite prend donc inconsciemment le relais avant de connaitre quelques crampes également. Décidément, ce samedi ne sera pas un jour de grande forme pour moi, mais depuis mes années "triathlon", je sais parfaitement gérer les crampes musculaires. J'en fais fi, et elles finissent par disparaître.

Je retrouverais un semblant de forme pour la dernière descente jusqu'à la mer. Olivier quand à lui, habitué aux efforts plus courts et intenses commence à fatiguer. Il n'en demeure pas moins efficace sur le vélo, mais je ne sens plus ses violents coups de pédales sous les miennes.

Le "Chemin des Douaniers" sur le littoral est un réel enfer pour les tandems. Les marches finissent de nous tuer. Quand au sable de la plage de Saint-Aygulf, à part figurer sur les belles photos officielles de l'épreuve, je n'en vois pas l'utilité, si ce n'est nous faire encore marcher à côté du tandem. Excepté lorsque le sable est humide.

Bref, nous terminons les 5 derniers kilomètres à bloc sur la piste cyclable. Nous sommes désespérément seuls. Plus aucun VTT ne nous double. Enfin si, encore un VAE qui vient nous griller à 20 m de la ligne d'arrivée. Nous en avons fini, et je le prends avec le sourire, même si j'aurais bien voulu voir son propriétaire tirer son bon quintal sur un VTT classique...

 

 

Nous ne lancerons pas de débat, c'est une autre catégorie, tout comme l'est celle des tandems finalement. Les organisateurs devraient y réfléchir. certes, les parcours sont déjà différents en fonction de l'âge des concurrents ou du type de vélo utilisés, mais à bien y réfléchir il y aurait encore quelques améliorations à y apporter. Le Roc d'Azur n'en est plus à sa version d'essai tout de même depuis les années 80'...

Bref, nous avons quasiment atteint nos objectifs puisque nous "bouclons la boucle" en 3h28 (3h18 si l'on décompte l'arrêt au second ravitaillement) et nous classons 122ème sur un peu moins de 200 concurrents. Il y a débat sur ce chiffre ; Olivier reste persuadé que nous étions au minimum 250, mais avec 161 classés, ça ferait quand même beaucoup d'abandons il me semble ; non ?

Cerise sur le gâteau et ce malgré un manque de préparation flagrant et un parcours parfois plus adapté à l'image que doit renvoyer ASO qu'à la pratique du VTT tandem ; nous nous sommes fait plaisir et les sourires que vous allez découvrir sur les photos ci-dessous en attestent.

 

 

Nous tenions à remercier Sandra pour le prêt du tandem sur une période de plus d'un mois car il a bien fallu s'entraîner un minimum avant l'épreuve, même si ça n'a été le cas qu'une fois par semaine.

Je tenais également à citer ici Nicolas Mourot, présent sur Strava ; qui m'a gentiment transmis sa trace GPX puisque j'avais oublié d'activer le mien.

 

 

 

 

Pour conclure, je vous informerai que j'ai enfin trouvé une paire de roues de VTT compatibles avec mon antiquité de VTT. Il ne me reste plus donc qu'à me mettre au montage de mon nouvel amortisseur et de ces roues pour pouvoir remonter sur un simple mais ludique VTT.

Nonobstant, j'ai décidé de laisser en place ma formule de don via Paypal ou CagnotteMe puisqu'il arrivera bien un jour où je n'aurais d'autres choix que de changer mon vélo. Quand je ne trouverai plus de pneus tubeless en 26 pouces par exemple, ou des rayons ; voire une cassette 9 vitesses.

Si-si, y'en a qui roulent encore avec ce genre de matériel...

 

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