Une heure sans prendre de roue

C'est à peine croyable, mais c'est pourtant la vérité. Et au final, c'est le mieux que j'avais à faire pour cette reprise (tu vois Jen-Luc ; le sport est toujours "une éternelle reprise" pour moi !) après les repas de fêtes ; ses nuits blanches et ses excès : rouler sans plan ; au feeling...

 

J'ai effectué mes premiers tours de roue vers les toilettes et le robinet d'eau juste à côté dans l'anneau de Canne-La-Bocca. Ça me fait toujours marrer de voir le petit détour sur la trace GPX de Strava d'ailleurs. Puis j'ai tourné les jambes sur le 34 un moment. Seul, en regardant les autres (peu nombreux avec 4°C affichés au thermomètre) cyclistes couverts au maximum. Certains arboraient même une écharpe sur le nez ; chose que je ne supporte pas. J'ai toujours l'impression de ne pas pouvoir assez respirer avec ça devant les voies respiratoires. Puis j'ai passé le 46 et essayé de trouver un rythme de croisière qui m'aurait permis de rouler le plus longtemps possible afin d'arrêter en même temps que mon fils en train de s'entraîner au ballon rond au centre du vélodrome. Je sais pertinemment qu'en principe, en prenant des roues plus véloces que moi, je ne tiens pas beaucoup plus que 50 minutes. En y rajoutant 10 de plus pour éliminer l'acide lactique accumulée, j'arrive à 1h de délai. Hier, pour ne pas trop rester planté autour du stade dans le froid, il me fallait atteindre les 90 minutes d'efforts, donc pas question de rouler plus vite que ma musique.

Après une vingtaine de minutes, un duo de pistards bavards m'a tranquillement rattrapé. J'ai quand même décidé de rester avec eux, histoire de pédaler juste un peu plus fort, mais à l'abri. D'après mes calculs, ça ne pouvait pas réellement diminuer mon temps de roulage. Mais rapidement un des deux a du arrêter son entraînement, l'autre, se retrouvant sans interlocuteur, a ralenti pour que je vienne à sa hauteur et prendre le relais. Pas un relais de cycliste, un relais de papotier.

Figurez-vous que nous avons roulé côte-à-côte pendant plus de 35 minutes ; à des allures très fluctuantes. Au début ça roulait à 27-30 Km/h, pour atteindre les 33-35 Km/h sur 2 ou 3 tours avant que je ne lui fasse signe que je ne teindrai pas longtemps à ce rythme. Mais mon compagnon du jour ne s'était même pas rendu compte qu'on avait accéléré ! Moi non plus d'ailleurs, seules mes jambes en avaient pris conscience. On est donc redevenus plus sages. Puis nous avons rejoins un groupe de verbeux eux aussi. Nous nous sommes mis à l'abri jusqu'à ce que ce groupe prenne au fil des tours davantage de vitesse le temps passant. Coup d'oeil au compteur : encore 35 ! Heureusement les deux leaders du groupe ont aussi cessé leur entraînement et mon acolyte et moi nous sommes retrouvé à tirer des coureurs revenus par l'arrière sans que nous n'en ayons pris conscience tellement nous étions dans nos sujets de discussion.

Dix tours plus tard, ma cuisse gauche montrait ses premiers signes de fatigue. Je constatais aussi que j'avais les pieds gelés. Je pensais pouvoir rouler sans sur-chaussures, c'est raté. Une leçon à retenir pour le reste de l'hiver maintenant présent sur la Côte. Petit à petit je baissais mon rythme et mon coéquipier restait, malgré sa bonne forme, toujours avec moi ; avant de tirer sa révérence.

Je n'ai même pas pris le soin de lui demander son prénom. En tout cas il était fort sympathique, et je ne l'ai pas retrouvé sur Strava et son système très utile pour identifier les personnes avec qui vous avez roulé, intitulé : "Flybys". Après 100 minutes de selle, je posais pieds-à-terre. 100 minutes que je n'ai pas vu passer.

 

 

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