Ce ne sont pas des trombes qui peuvent ralentir les velléités d'un vététiste en manque de boue et de flaques d'eau voyons !

 

C'était annoncé, retour du soleil à partir de 14h00 sur la Côte d'Azur. Les orages violents d'hier matin ne devaient donc pas être un soucis pour qui voulait rouler en soirée.

18h15, direction le stade de La Valmasque. Une fois prêt à partir, je n'avais encore aucune idée de l'itinéraire à emprunter, mais tout de même une certitude : ne pas partir dans la même direction qu'habituellement ; vers l'Est.

Et je suis parti à l'opposé, en direction de l'Étang de Fontmerle. Déjà il faisait nuit. Je n'ai pas poussé jusqu'aux nénuphars, pressé de découvrir l'itinéraire qui permet de franchir le Golf de Mougins et que je n'ai jamais réussi à trouver en venant des Bouillides. C'est aujourd'hui chose faite. Problème, ça raccourci énormément l'itinéraire quand on veut faire long. Mais quand je voudrais précipiter mon retour au stade, ce sera une possibilité.

Donc je me suis aventuré de l'autre côté de l'Avenue du Docteur Maurice Donat, mais sans chercher à atteindre le domaine d'Argeville. Je m'y suis volontairement égaré plusieurs fois et rien de très intéressant pour le VTT dans ce coin finalement. Au sommet de la première montée, j'ai directement plongé à droite par un sentier que je connais maintenant très bien. Puis j'ai repiqué sur la piste de la Crête du Carton que je découvrais donc.

 

 

Dans l'obscurité la plus totale si ce n'est le faisceau de lumière devant moi, difficile d'apercevoir un quelconque sentier qui s'introduirait sournoisement dans la profondeur des bois. Je suis si friand de ces itinéraires inconnus.

Cette piste me suffira.

Voilà où en était mes pensées quand d'un seul coup j'ai aperçu un panneau départemental indiquant : "D103, Piste de la Plaine". J'ai foncé à gauche dans un petit single. Magnifique. Étroit, tout en restant roulant. Sans prendre le moindre risque (qui irait me chercher ici à cette heure au fond d'un buisson d'épineux ?), j'avais cette impression de vitesse à travers ma lumière qui me projetait la trace, mais aussi les buissons qui me chatouillaient les coudes. Un vrai régal.

Et puis je suis arrivé sur la D103, dont je ne savais même pas d'où elle venait, ni où elle allait. J'ai juste fait confiance à mon sens de l'orientation (retrouvé pour l'occasion). J'étais à quelques encablures du rond point des Bouillides.

Quand j'ai voulu traverser le cours d'eau éponyme ; mais de nuit ; je me suis ravisé. Avec les orages du matin, je n'étais pas certain d'y arriver sans piquer une tête ou au mieux me mouiller les pieds. Mais il me restait du temps à passer au stade à quelques encablures et je ne voulais pas m'y geler avec les premiers frimas de l'automne.

Il me restait cependant du temps pour faire quelques zigzags dans La Valmasque et traverser la D35 pour me diriger vers Les Clausonnes, que je ne connais pas encore. Et puis j'ai finalement décidé de ne pas prendre trop de risques niveau timing et suis rentré à mon véhicule par le chemin balisé que j'avais parcouru dans l'autre sens déjà.

Et j'ai même eu besoin de porter mon VTT ! La pente s'y accentue sur 200 mètres environ et surtout une énorme ornière quasi inévitable si l'on veut garder de l'adhérence s'y est installé le matin même. Bref, j'ai posé mon VTT sur les épaules, avant de le reposer immédiatement. Ça ne sert pas à grand chose d'éclairer la cime des chênes quand on ne sait pas où on met les pieds ! ;)

Petite frayeur en arrivant à 500m du stade. Je déboule en descente sur un parking du Parc Départemental et j'y vois de loin un véhicule stationné avec les phares allumés face à moi. Après quelques secondes, j'entends deux brefs coups de klaxon. Je n'ai malheureusement pas le temps de réfléchir à leur signification qu'un mec en sort affolé et me demande de m'arrêter. Serait-ce encore un de ces pervers qui fréquentent les bois en pleine nuit ici ? Non. Alors que je freine des deux patins (enfin des disques !) et que je m'immobilise pour savoir de quoi il en retourne, le bonhomme me lance :

"Arrêtez-vous ! Ma chienne est en liberté dans les parages et elle s'attaque aux cyclistes !"

Immobile de longues secondes, je l'ai entendu appeler son clébard ; le siffler même. Et dans les phares de son véhicule j'ai découvert le monstre : UN PITTBULL ! Certes, obeïssant. Sa chienne est venue à la rencontre de son maître sans passer par la case "Mollets du Bertrand". Quand il l'a tenue bien ferme au niveau de son collier, il m'a donné le feu vert pour poursuivre ma route.

Je n'ose imaginer ce qui se serait passé si j'étais tombé nez-à-nez avec "La machine à broyer du jambonneau" quelques mètres avant que son maître ne m'aperçoive et ne réussisse à me stopper ; là bas au fond des bois plongés dans l'obscurité.

C'est soulagé que je rejoignais ma voiture et que je stoppais mon GPS. Voilà ce que j'appelle une belle sortie avec une échappée belle. Ça en fera deux d'un coup en fait !

 

 

 

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