200 bornes pour une Tropézienne

En fait 217 Km, mais passée la barre fatidique on ne chipote plus. Et tant que je suis dans les statistiques chères à Nicolas & Fred le temps de pédalage est de 7h47 minutes, l'équivalent de plus de 30000 tours de pédales. Le dénivelé ? Bah tout dépend de votre équipement GPS, comme d'habitude. Strava est plutôt optimiste avec +2550m, et Garmin plutôt pessimiste avec +1100m. Je vous laisse apprécier la différence et vous propose de faire la moyenne pour approcher la réalité. On dira 1750m de D+.
Terminé pour les chiffres, je préfère de loin la romance d'une folle journée sur la vélo et surtout entre amis...

La météo de la semaine qui a précédé notre rendez-vous annonçait de la pluie. Tergiversations après tergiversations, au final on se décide à y aller. Nico passe d'abord me chercher en voiture à mon domicile puis nous allons à la rencontre de Fred à Villeneuve-Loubet, point de départ de notre périple.
A 8h00, couverts en conséquence, nous faisons nos premiers tours de roues. La température est douce et de gros cumulus éparses laissent percer les premiers rayons du soleil au large de la Grande Bleue. Déjà nous passons le Cap d'Antibes.

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Se lancer dans pareille aventure n'est pas chose aisée, surtout pour moi qui certes, roule régulièrement ; mais pour qui la sortie la plus longue a été de 110Km ! Elles sont souvent de 50 ou 60 voire 70Km mais pas plus. Nico de son côté a déjà passé la barre des 130km avec un dénivelé conséquent. Quand à Fred, son dernier "200 bornes" n'a pas plus de 15 jours d'ancienneté !
Bref, si pour lui le défi n'est qu'une formalité, pour Nico et moi il s'agit de gérer l'effort... sous les bons conseils de Fred et de son ordinateur de bord !

Cannes. Il y a peu de circulation, c'est agréable. Le week-end commence tranquillement pour la majorité des Azuréens restés à prendre leur petit-déjeuner en famille. Peut-être sortiront-ils un peu plus tard si la météo en décide ainsi.
Théoule. Nous rencontrons de nombreux cyclistes sur cet itinéraire connu des aficionados de la pédale. Le niveau est éclectique. Du papy qui mouline au pratiquant averti qui se prend pour Mercks. Mais dans les premières rampes qui nous mènent à l'Estérel, ils sont rares à s'accrocher à notre roue. certains nous dépassent, mais s'arrêtent un peu plus loin.
De toute la journée, aucun coureur ne nous aura dépassé sans qu'on ne le revoit. Aurions-nous le statut de cyclistes déjà aguerris ?

Nous venons de dépasser les 50 premiers kilomètres et arrivons à Agay. C'est l'heure de la première pause. Nous avalons une barre énergétique et remplissons nos gourdes avec l'aide de badauds qui nous guident vers un robinet disponible alors que cette station balnéaire l'été se transforme en cimetière l'hiver : tout est fermé !

Nous terminons notre traversée de l'Esterel par le littoral. Nous sommes toujours émerveillé par ses paysages de roches ocres qui plongent dans la mer azur en petites presqu'îles acérées apparemment inaccessibles. Un vrai régal pour les yeux.
L'ambiance est au beau fixe, vous vous en doutez. Notre rythme nous permet de discuter dès que nous en avons l'opportunité. Tantôt de sujet sérieux, tantôt pour des broutilles et autres absurdités. Dommage que je ne me souvienne pas de quelques unes, je ne me serais pas gêné pour vous les retranscrire !

Saint-Raphaël & Fréjus. La route est mouillée, mais nous sommes passés entre les gouttes. La température est un peu plus fraîche. Il y a aussi plus de circulation désormais. Contraints de rester en file indienne, nous nous permettons d'échanger quelques relais pas trop appuyés. Enfin presque ! Nico en pure vététiste accélère trop brutalement quand il passe en tête et secoue le peloton. Le tout à coups de grands écarts latéraux qui sont susceptibles de nous envoyer au tapis si on suce sa roue d'un peu trop près. Bref, quand Nico passe devant, mieux vaut ne pas trop profiter de son aspiration. Avec Fred, c'est un vrai régal, sauf que pour deux armoires Normandes il est difficile de s'abriter derrière une crevette !

Nous passons maintenant les étangs de Villepay de Saint-Aygulf et nous dirigeons à bon train dans la baie de Sainte-Maxime. Nous roulons même sur une portion de route vierge de toute circulation. La route est barrée aux automobilistes par un éboulement. En deux roues ça passe. Nous devinons Saint-Tropez de l'autre côté du bras de mer. Nico et moi sommes affamés. Ce sera donc notre seconde "pause-carburants". Puis nous reprenons la route vers Sénéquier. Nous savons déjà que nous arriverons à destination.

10429349_10204242378191971_1450101358106491618_n.jpgUne bonne demi-heure plus tard, nous sommes sur les pas de Brigitte Bardot. Pas celle d'aujourd'hui, on l'écraserait ; celle de "Et Dieu créa la femme".
10389176_10204242475274398_6208405491193968914_n.jpgUne petite halte sur le port pour regarder nos statistiques sur nos appareils électroniques, et réaliser quelques photos-selfies. Jacques Chirac n'est pas à la terrasse du célèbre cafetier, encore moins Paris Hilton ; on décide donc de trouver de quoi déjeuner. Une Tropézienne nous dirait bien. Nous trouvons notre bonheur en reprenant la route en direction de la maison.

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L'estomac rempli, l'heure est venue de penser à rentrer. Notre moyenne est plus que respectable pour l'aller, le soucis est de savoir si nous parviendrons à tenir le même rythme pour le retour. Nos premiers tours de pédales post-déjeuner semblent nous rassurer, on a l'impression d'avancer tout seul. Alors qu'il ne nous semblait pas avoir à lutter contre le vent pour venir, nous sentons désormais la faible brise nous pousser vers Villeneuve-Loubet. Mais la route est encore longue.

Personnellement la fatigue musculaire commence à faire son apparition. Plus de 140km ont été parcourus quand nous accédons à nouveau dans les premières petites rampes de l'Estérel et je ne parviens plus à tenir les roues de mes amis. Il faut dire que tous les deux commencent à jouer du sprint pour le classement du meilleur grimpeur. Je sais que Fred en a les capacités, je m'inquiète plus pour Nico qui comme toujours connait quelques difficultés pour gérer ses efforts. Je l'avoue il s'en est tiré plutôt bien.
A Agay, je n'essaye même plus de suivre. Je profite des paysages et j'essaye de penser à autre chose qu'au vélo. Il m'arrive alors de me demander pourquoi je me suis lancé dans cette aventure. Déjà 6 heures sur la selle, j'estime que j'ai ma dose. Le fessier fait mal, je ne sais plus comment m'assoir. Idem pour les mains sur le guidon qui ne savent plus où se poser.
Cet état second ne durera qu'une trentaine de kilomètres, jusqu'à Théoule en fait ; où Fred et Nico m'attendent patiemment sur le bord de la route. En les rattrapant, je ne prends même pas soin de ralentir. Je pense qu'ils ont compris que je suis cuit et que je ne souhaite pas faire tomber la moyenne horaire que je m'évertue à ne pas trop entamer malgré mon mal de jambes. Je pédale désormais par automatisme, mais j'ai retrouvé mes esprits. J'apprécie alors que mes compagnons prennent soin de me voir toujours dans leurs roues.

Mandelieu puis Cannes. C'est le bordel. Les NRJ Awards et sa flopée de midinettes écervelées débordent jusque sur la chaussée de la Croisette. Bouchon et zigzag au milieu des voitures. Fred manque même de se faire renverser par une voiture qui débouche sans clignotant ! Nous redoublons de vigilance. Rentrer il semble que cela soit dans nos cordes, autant que ce soit en entier.

Cap d'Antibes. La petite Tour de la Plage des Ondes ne m'a jamais parue aussi jolie. Le soleil couchant vient la chatouiller. J'immortalise le lieux où j'ai rencontré ma tendre et chère épouse avec ma caméra-sport. Il ne reste désormais que la petite ascension de l'Eden Roc et déjà je sais que je vais aller au bout. Un frisson me submerge durant quelques minutes. Allez savoir si ce n'est pas le fait d'évacuer ce trop plein d'émotion, dans les kilomètres qui suivront entre la Garoupe et le Fort-Carré je me sentirai à nouveau voler sur le goudron. Pas bien longtemps. Jusqu'à la Marina de Villeneuve-Loubet, je ne parviendrais pas à tenir les 30Km/h imposés par Fred en tête de file. Gentillement, les garçons descendrons à 28, peut-être 27Km/h même.

Peu importe, nous voici de retour à quelques encablures du domicile de Fred. Seul hic, il habite à 100 ou 150 mêtres d'altitude alors que nous sommes au niveau de la mer !
Nico et moi franchirons ce mur sur le 34 dents. Je ne crois pas que ce fut le cas de Fred, de toute façon il fallait qu'il se dépêche de nous décapsuler notre bière bien fraîche et surtout bien méritée.

Belle aventure que ces 217 kilomètres. Jamais je ne me serais lancé seul la dedans. Merci mes amis de m'y avoir convié. Maintenant d'autres défis nous attendent peut-être, mais je crois que je vais d'abord récupérer de celui-ci. Peut-être même plus du côté psychologique que musculaire. De toute façon rares sont les fois où je suis disponible pour pédaler sur la journée...

Je vous laisse découvrir le film sans prétentions de ce petit exploit pour ceux qui ne l'auraient pas encore vu sur les réseaux sociaux :

Lecteur vidéo intégré


Et comme toujours toutes les statistiques disponibles via Strava :

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