Il a fallu que je me fasse violence pour démonter mon VTT, le mettre dans mon coffre en constatant qu'il avait besoin d'une bonne révision et d'un bon nettoyage, que je fasse la pression de ma roue arrière qui perd toujours un peu, et que je rassemble toutes mes affaires et accessoires. On le dirait pas, mais quand tu es debout depuis 3h45 et que tu as déjà terminé ta journée de boulot depuis 5 heures, ça paraît long et fastidieux...

Mais finalement, arrivé à La Valmasque, je n'avais plus qu'une hâte : monter sur mon VTT tout vieux et tout pourri ; et dans ma forme toute fatiguée de ma journée.

Déjà au montage des roues, j'ai senti que j'allais avoir des ennuis mécaniques. Je ne sais pas si c'est le fait d'avoir retourné mon VTT pour monter mes roues (chose que je fais rarement), mais mon disque touchait encore une plaquette de frein quand j'ai décidé de retourner mon vélo pour partir malgré tous les réglages possibles et inimaginables.

J'avais une petite heure devant moi, entrainement spécifique de gardien oblige. Juste de quoi bien pourrir mon VTT puisqu'il a plu tout dimanche. Je suis parti du côté Ouest pour longer la D35 et entamer un tour anti-horaire. Mais dans ma tête, j'avais encore envie de découvrir un peu plus de petits singles. Il y en a partout et j'en connais trop peu ; il me faut donc explorer encore et batailler pour trouver le meilleur sans tomber dans des sans-issus ou des itinéraires quasi impraticables. Voire, me perdre. Même si c'est difficile pour autant que l'on ait un minimum le sens de l'orientation.

Alors que je n'avais pas encore posé mes roues sur du monotrace, je remarquais que mes vitesses passaient assez mal. Je jouais de la manette pour que ma chaîne ne saute pas d'un pignon à l'autre. Il faudrait que je songe à la remplacer. Je me suis arrêté une première fois sur la piste, bien décidé à retendre mon câble de dérailleur en remettant tout à zéro, niveau réglages des molettes. Au moment de serrer la vis de compression de la gaine dans son petit étau spécifique, j'ai senti que le pas de vis était plutôt fatigué aussi. Je n'ai pas forcé outre mesure car j'étais sûr que j'aurais pu foirer pour de bon tout mon système. Je suis reparti quelques minutes plus tard et ça n'a pas manqué : si mon intervention s'est avérée utile sur 5-10 minutes, je me suis vite rendu à l'évidence, plus je montais les vitesses, plus mon câble se desserrait !

Nouvelle pause quelques centaines de mètres plus loin en me disant que cette sortie n'irait pas battre des records de longueur. Peu m'importe. Le plaisir avant toute chose. Sauf que là je l'avoue, je me dis que le bricolage commence à un peu trop durer sur mon vélo.

Je retourne une nouvelle fois mon VTT sur sa selle et son cintre. Je retends le câble sans démonter toute la vis, juste avec une pince en tirant fortement dessus. Puis je pousse du pouce (bah oui : "pousser du pouce" !) mon dérailleur pour prendre un peu de marge sur le câble. Enfin je ressers au maximum la vis et son boulon en prenant toutes les précautions pour ne pas péter l'ensemble et me retrouver à pieds. Mais je dois me rendre à l'évidence, le système ne serre pas assez le câble.

Je fais donc appelle à mon côté "Mac Gyver" ! De ma pince, je saisis le câble maintenant tout effiloché, et j'en fais un premier noeud, puis j'arrive même à faire une seconde boucle sur la première. Et je tire à fond le câble pour serrer le tout. L'embout "Zamak" (oui c'est comme ça que ça s'appelle, même si je ne suis pas sûr de l'orthographe) saute ! Mais je pense que l'ensemble va tenir bon encore une bonne demie-heure.

 

 

C'est pas de la réparation ; ça Jean-Luc ???!!! ;)

Ça vaut bien un morceau de bois pour tenir un dérailleur, des coups de pierre pour redresser une patte, des graminées tressées dans le pneu pour boucler une sortie sans chambre à air de rechange ? Non ?

Et la suite m'a donné raison, j'ai pu continuer à rouler une vingtaine de minutes. Mais il faut croire que ces deux ateliers mécaniques ont terminé de consumer les derniers galons d'énergie qu'il me restait. Durant tout le reste de mon court périple, je n'ai dégoté que des sentiers monotraces en montée et des pistasses bien trop larges en descente. Tout le long, je n'ai eu de cesse de me répéter :

"Bertrand, ici il faut que tu passes dans l'autre sens !"

À condition que j'arrive à me souvenir du même itinéraire en chemin inverse.

 


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