Présomptueux, mais néanmoins patient

Par obligation.

Je dois bien me rendre à l'évidence, sept mois après mon opération du dos, je suis encore trop juste pour boucler un #GrandFondo. Mais je n'ai plus de douleurs liées à cette hernie. Ni au dos, ni à la jambe droite. Juste une gêne, qui va se dissiper avec le temps. Parole de chirurgien qui m'annonçait récupérer tous mes moyens en 4 jours, il m'a fallu 6 mois pour reprendre le travail.

Mais je ne dois pas désespérer. Ma reprise sérieuse en septembre en VTT dans La Valmasque n'a été qu'un feu de paille. Sitôt l'heure d'hiver arrivée, je n'ai plus trouvé la motivation pour pédaler. Et puis ces fêtes de fin d'années, ses abus en tous genres, n'aspirent pas à redonner la moindre envie de souffrir sur le vélo. Oui je sais, je suis faible.

Il aura donc fallu l'achat de ce nouveau VTT pour me remettre dans le droit chemin d'une pratique régulière de la bicyclette. VTT et depuis dimanche matin : route.

Au bénéfice d'une journée fériée sur Monaco, je décidais donc d'aller prendre ma dose de plaisir sur les routes de notre belle région en allant rouler tranquille et de tenter d'atteindre les 100 km, quitte à y mettre du temps. J'augmentais mon taux de motivation en visant la petite ascension sur Tanneron, histoire de m'enivrer des parfums de mimosas.

Dès 8h30, couvert de nombreuses couches de vêtements d'hiver, y compris de mes sur-chaussures ; je partais affronter les 2°C affichés à mon thermomètres extérieur pour plonger vers les Gorges du Loup, histoire de me réchauffer dans les 10 bornes de faux plat jusqu'à Pont-Du-Loup. En roulant tranquille, j'ai eu quelques difficultés à me réchauffer. Je ne suis monté en température qu'en arrivant sur Bar-Sur-Loup. Avec seulement 20 km eau compteur, je pouvais désormais m'élancer vers Grasse et la route de Draguignan.

Ce sont surtout mes pieds qui souffraient du froid dès que je roulais sur les versants ubac, je me forçais donc à bouger mes orteils à l'intérieur de mes chaussures pour les réchauffer. Et puis dépassée la Chapelle de Saint-Cassien Les Bois, j'ai embrayé les watts, histoire de ne pas boucler ce tant espéré GranFondo à une allure de sénateur sur toute sa longueur. Mon but étant alors de battre au minimum un de mes PR jusqu'à l'embranchement en épingle à cheveux où il faut bifurquer à gauche pour rejoindre Tanneron. Désillusion complète : je le gravirai à une vitesse de 3Km/h moins rapide que ma meilleure ascension ici. À oublier.

 

 

C'est en arrivant à Tanneron que je me rendais compte que j'étais parti sans alimentation. Certes, j'avais pris un petit-déjeuner conséquent et à la sortie des fêtes de fin d'année, on peut dire que j'ai des réserves et qu'il me serait même plutôt conseillé de piocher dedans. J'ai donc dépassé le village où de bruyants travaux de réfection de la chaussée confirmaient mon envie de poursuivre, et plongé vers Auribeau.

J'ai pris conscience aussi que mes jambes commençaient à être fatiguées. Lors de ma prudente descente, j'ai eu le temps de réfléchir à la suite de mon itinéraire : Remontée sur Grasse par Saint-Jacques ? Vallée de la Siagne jusqu'à Mandelieu, puis Mougins ? Bord de mer jusqu'à Villeneuve-Loubet ? Avec ou sans le Cap d'Antibes ? Finalement, le tout petit coup-de-cul me dissuadait de prendre au plus court pour rentrer. Les 100 bornes ne seraient pas pour aujourd'hui.

Je suis donc rentré en piochant dans mes graisses par la D9, en direction des Quatre-Chemins. Au moment de basculer vers les Plans de Grasse, une petite alarme  a retenti sous mon casque : HYPO EN PREPARATION ! Je me suis donc arrêté dans un bar/PMU à quelques mètres du Lycée Tocqueville pour ingurgiter un coca et repartir, les jambes molles.

Dès lors, il n'était plus question de battre des records, mais seulement de réussir à rentrer à la maison ; et si possible pas trop tard. J'ai souffert dans toutes les montées, bien que "tout à gauche". Me mettre en danseuse me déclenchait des crampes, et assis sur la selle j'étais à bout de force. Je baissais la tête dans mon guidon, honteux de rouler à 10 Km/h de moyenne depuis le mur de Saint-Mathieu.

Mais je suis rentré entier à la maison. Au bout du rouleau. Je n'ai même pas décapsulé une binouze ; c'est vous dire ! Place à quelques jours de récupération désormais ; j'ai l'impression d'en avoir besoin. Besoin d'un golf aussi ;) .

 


 

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